Réflexions

Réflexions

Sept paroles



Il suffit parfois de peu pour faire jaillir la lumière : une simple étincelle, ou bien un ordre des mots un peu différent que celui qu’on lit habituellement… par exemple pour « les sept paroles du Christ sur la croix ».

Le sens profond jaillit soudain de ce qui pouvaient n’être que des paroles qui touchent le cœur, certes, mais isolées les unes de autres :

    • Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.
    • Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.
    • Femme, voici ton fils ; et toi, voici ta mère.
    • J’ai soif !
    • Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
    • Tout est accompli.
    • Père, en tes mains je remets mon esprit.

* Père, cette exclamation au début de la première et la dernière parole : notre origine et notre but. Et Jésus, l’alpha et l’oméga, est celui qui par tout son être de Fils nous « fait connaître le Père » et nous introduit dans son intimité.

* Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. La rédemption est accomplie du côté de l’humanité.

« Veux-tu connaître un prodige opéré par la croix ? Elle nous ouvre le paradis fermé depuis plus de cinq mille ans et davantage. C’est ce jour-là en effet, et à cette heure, que le Seigneur l’ouvre pour le larron (…) car c’est une gloire pour le paradis d’appartenir à un Seigneur capable de rendre un bandit digne de jouir du bonheur qu’on y trouve. Que ses portes soient ouvertes aux publicains et aux prostituées est un sujet d’honneur pour le Royaume des cieux, non un outrage », nous dit St Jean Chrysostôme.

Et à l’autre bout de la chaîne, c’est l’accomplissement de la rédemption du côté de Dieu ; et c’est Jésus qui nous le dit : Tout est accompli . Car « en lui, nous avons la rédemption, la rémission de nos péchés ».

* Mais Jésus a encore un dépouillement à consentir : il doit se détacher librement de son origine humaine : « Femme, voici ton fils ; et toi, voici ta mère ».

Dépouillement douloureux pour son cœur de fils, pas tant parce que désormais Marie ne sera plus seulement sa mère à lui, mais surtout à cause de la souffrance qu’il sait imposer par là à son cœur maternel :

« O quel échange ! Jean t’est donné au lieu et à la place de Jésus, le serviteur à la place du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée à la place du Fils de Dieu, un simple homme au lieu du vrai Dieu. » (Saint Bernard).

Reste son origine divine. Mais celle-ci lui est arrachée par la nuit profonde où son âme est plongée et où le Père lui-même semble absent : « Eli, Eli, lama sabachtani ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

* Enfin, au centre de ce splendide chiasme qui éclaire d’une lumière toute nouvelle les paroles prononcées au moment suprême, jaillit le cri de Jésus :

« J’ai soif ! »

On comprend alors la parole de Pascal : « Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde ».

Et entre le Fils qui remet l’Esprit et le Père qui le recueille,
la CROIX nous est dévoilée
comme une révélation trinitaire ULTIME ETFINITIVE.
 
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