Réflexions

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Sur le chemin

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Sur le chemin

Avec crainte et respect, regardons notre Sauveur.

Il s’avance vers sa Passion, accompagné de Simon de Cyrène chargé de la croix. Es-Tu donc tellement épuisé, doux Sauveur, que tu laisses à un autre la gloire de porter ta croix ?

« Ce n’est pas à cause de ma très grande fatigue, répond le Seigneur, c’est à cause de ma très grande mansuétude que j’ai désiré partager avec toi, homme, le poids de ma croix, afin que tu puisses avoir quelque mérite à partager aussi la gloire de ma Résurrection. Avec Simon, c’est l’humanité tout entière qui s’avance à ma suite, portant le bois mortel qui va devenir l’Arbre de Vie. Sa racine est amère car elle plonge dans ton péché ; mais son fruit est doux car il est le fruit de mon infinie miséricorde. »

Homélie ancienne pour Vendredi Saint

Il y a tant d’années que j’avais recopié ces quelques lignes… où donc ? Dans quels livres, ou plus probablement une revue ? Je ne me rappelle plus. Pourtant, des années plus tard, elles continuent à me parler, à m’interpeller.

Tu ne m’invites pas seulement à Te suivre, Tu m’offres vraiment de prendre part à l’œuvre que le Père T’avait confiée ; et elle n’est rien de moins que le salut du monde !

Cinq pains et deux poissons ont suffi à rassasier des milliers de personnes, mais sans ces cinq pains la foule serait restée affamée.

Un passant réquisitionné par un soldat d’occupation a été nécessaire pour que Tu puisses monter jusqu’au Calvaire.

Mais ce qui est proprement stupéfiant, et ce que l’auteur anonyme ancien a bien compris, c’est que tu VOULAIS avoir besoin de cette aide pour que, par là, l’humanité puisse « avoir quelque mérite ».

Sans le savoir, et sans le vouloir sans doute !, « un certain Simon de Cyrène » sur lequel « ils mirent la main et le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus » a rempli à la lettre l’injonction de celui-ci :

« Quiconque ne porte pas sa croix et ne marche à ma suite, ne peut être mon disciple » (Luc 14,27)

Disciple, Simon l’est devenu, sans aucun doute ; c’est Marc qui nous le fait comprendre en précisant qu’il était « le père d’Alexandre et de Rufus », connus de la communauté chrétienne pour laquelle il écrit son évangile

Après Simon, le Seigneur en invite toujours d’autres à prendre part de plus près à sa mission salvifique, et donc à sa croix.

Un peu plus loin, l’auteur de ce texte magnifique cite Paul : « Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Église ».

Et comment ne pas évoquer aussi une jeune carmélite morte au début du siècle passé, Élisabeth de la Trinité, qui dans une note destinée à elle seule mais connue aujourd’hui dans le monde entier, écrivait un jour : « Qu’il se fasse en moi comme une incarnation du Verbe, (…) que je lui sois une humanité de surcroit en qui il renouvelle tout son mystère » ?

Me laisserai-je moi aussi saisir par Lui et permettre qu’en moi aussi « il se fasse comme une incarnation du Verbe », avec tout e que cela suppose, depuis la fuite en Égypte, jusqu’au lavement des pieds de ses disciples, la nuit de Gethsémani et la croix ? Accepterai-je de prendre part à cette mission difficile et splendide que le Fils propose à tous les chrétiens : «  la gloire de Dieu et le salut du monde »… ce qui est finalement la même chose ?

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